En bref
LocalPetFinder publie des annonces de propriétaires après les avoir relues, mais ne vérifie ni l’animal, ni l’identité du propriétaire, ni la raison du don. La sécurité de l’échange repose donc sur vous. Cinq habitudes règlent presque tous les cas : rencontrer l’animal en personne, demander son dossier vétérinaire et sa micropuce, ne rien payer avant la rencontre, se méfier de l’urgence et mettre l’entente par écrit.
Pourquoi les annonces « à donner » attirent les arnaques
Au Québec, chercher un animal « à donner », c’est tomber sur des petites annonces et des groupes Facebook. Beaucoup sont honnêtes. D’autres servent d’appât : la photo est volée, l’animal n’existe pas, et la conversation finit toujours par une somme à envoyer à distance.
Le calendrier joue aussi. À l’approche du 1er juillet, la SPCA de Montréal fait état d’une hausse importante des animaux admis au refuge, et les annonces pressées se multiplient. Les abandons ne se concentrent plus uniquement autour de cette date. Ils s’étalent maintenant sur toute l’année, poussés par le coût de la vie et le manque de logements qui acceptent les animaux. Un « SOS » ou un « urgent » peut donc être tout à fait sincère. C’est aussi l’outil préféré de l’arnaqueur, qui compte sur la pression pour vous faire sauter une étape.
Source : Radio-Canada — animaux abandonnés et déménagements
Pour l’adoptant : dix signaux d’alarme
- On refuse de vous laisser rencontrer l’animal. C’est le signal le plus fiable. Un vrai propriétaire organise au moins une rencontre avant qu’un sou change de mains.
- On vous demande un dépôt, un transport ou des vaccins avant la rencontre. Un virement Interac « pour réserver », des frais de livraison ou des vaccins à payer d’avance : c’est le scénario classique. L’animal « gratuit » finit par coûter quelques centaines de dollars, et il n’arrive jamais.
- L’animal est loin et devrait vous être expédié. Un chien ou un chat qui se trouve dans une autre province et voyagerait par transporteur est presque toujours une fausse annonce. Choisissez un animal que vous pouvez aller voir.
- On refuse un appel vidéo. Une courte vidéo où le propriétaire appelle l’animal par son nom suffit à confirmer qu’il existe et qu’il vit avec cette personne.
- Un chiot ou un chaton de race est offert gratuitement. Un bouledogue français, un persan ou un husky « à donner » est l’appât le plus courant. Ces animaux se revendent cher : un don sincère existe, mais il doit éveiller votre prudence.
- Les réponses sur l’histoire de l’animal restent vagues. Un propriétaire qui aime son animal en parle longuement. Un arnaqueur ramène vite la conversation au paiement et à la logistique.
- Aucun dossier vétérinaire, aucune clinique, aucune micropuce. La plupart des chiens et des chats adultes ont déjà vu un vétérinaire. Un refus de donner le nom de la clinique doit vous arrêter.
- On refuse de signer quoi que ce soit. Une entente de cession tient en quelques lignes. Refuser de l’écrire, c’est refuser de laisser une trace.
- Le même numéro publie plusieurs animaux sans lien entre eux. Une famille qui se sépare de son chien publie une annonce. Plusieurs annonces d’animaux différents sous le même numéro signalent un revendeur.
- Quelque chose vous dérange. Si un message vous laisse un malaise, écoutez-le. Laisser passer une annonce ne coûte presque rien. Ignorer un mauvais pressentiment peut coûter cher.
La rencontre
Pour un premier contact, choisissez un lieu public : un parc, le stationnement d’une clinique vétérinaire, une terrasse. La visite à domicile vient ensuite. Apportez une pièce d’identité et vos questions, et venez accompagné si possible.
Sur place, comparez l’animal aux photos de l’annonce : taches, cicatrices, couleur des yeux. Regardez comment il réagit à son propriétaire, car un vrai lien se voit même dans un lieu stressant. Posez des questions précises sur ses habitudes, sa santé et sa vie avec les enfants ou d’autres animaux. Un propriétaire honnête répond volontiers.
À vérifier avant que l’argent change de mains
- Le dossier vétérinaire. Le carnet de vaccination, ou au minimum le nom et le numéro de la clinique pour confirmer que l’animal y est suivi.
- La micropuce. Demandez le numéro, puis faites lire la puce par votre clinique vétérinaire pour vérifier qu’il correspond. Demandez ensuite au propriétaire de transférer l’enregistrement de la puce à votre nom auprès de l’organisme qui la gère.
- La stérilisation. Si on vous dit que l’animal est stérilisé, demandez la preuve dans son dossier.
- Les médicaments en cours. Le nom du vétérinaire qui les prescrit et la quantité qui reste, pour assurer la suite du traitement.
- La nourriture. La marque et l’horaire des repas. Un changement brusque de nourriture dérange l’estomac : gardez la même pendant au moins deux semaines.
- Une entente écrite. Les noms et coordonnées des deux parties, la description de l’animal, la date et le montant convenu, s’il y en a un. Quelques lignes signées par les deux suffisent.
Après l’adoption : enregistrer le chien à votre municipalité
Au Québec, le règlement provincial sur l’encadrement des chiens oblige le propriétaire ou le gardien d’un chien à l’enregistrer auprès de la municipalité de sa résidence principale dans les 30 jours de son acquisition. Pour un chiot adopté avant ses 3 mois, les 30 jours courent à partir du jour où il les atteint. Un chien reçu d’un particulier n’y échappe pas : c’est à vous de faire la démarche.
Les frais et les modalités varient d’une ville à l’autre, et certaines municipalités ont aussi des règles pour les chats. Consultez le site de votre municipalité dès les premiers jours.
Source : LégisQuébec — Règlement d’application concernant les chiens (P-38.002, r. 1), article 16.
Pour le propriétaire qui donne son animal : choisir la bonne famille
Le travail anti-arnaque se fait surtout du côté de l’adoptant. Le vôtre est différent : vous assurer que votre animal part dans un foyer qui lui convient.
Répondez au premier message par quelques questions précises : qui vit dans la maison, quels autres animaux, à quoi ressemble une journée type, propriétaire ou locataire. Une personne sérieuse répond en détail. Celle qui répond en trois mots ou veut venir chercher l’animal le soir même se disqualifie d’elle-même.
Si vous le pouvez, visitez le futur foyer. À défaut, demandez une courte vidéo de l’endroit où l’animal dormira, mangera et passera ses journées. Un refus de visite ou de vidéo est un signal à prendre au sérieux.
Pourquoi éviter le « gratuit »
Fixez des frais de cession modestes, de 100 $ à 500 $ selon l’animal. Le montant compte moins que le principe : les revendeurs et les personnes mal intentionnées ciblent délibérément les annonces gratuites, et de petits frais suffisent à décourager la plupart d’entre eux sans transformer le don en vente.
Si les frais vous mettent mal à l’aise, demandez plutôt le remboursement d’une facture vétérinaire récente. L’effet est le même : un petit obstacle qui filtre les mauvaises intentions.
Si vous ne trouvez pas de famille à temps, les SPA et SPCA du Québec reçoivent aussi des animaux. Chacune a ses propres règles d’admission et ses délais : appelez avant de vous présenter.
Ce que dit la loi sur l’animal
Depuis 2015, l’article 898.1 du Code civil du Québec précise que les animaux ne sont pas des biens : ce sont des êtres doués de sensibilité, qui ont des impératifs biologiques. La Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal encadre les soins qu’on leur doit.
Concrètement, tant que l’animal est à vous, vous répondez de son bien-être, y compris pendant les jours où vous lui cherchez une famille. Le donner par écrit à une personne identifiée protège l’animal, et vous protège aussi.
Sources : LégisQuébec — Code civil du Québec, article 898.1 · LégisQuébec — Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal (B-3.1)
Signaler un problème
- Une annonce douteuse sur LocalPetFinder. Écrivez-nous à info.localpetfinder@gmail.com avec le lien de l’annonce et ce qui s’est passé. Nous retirons les annonces qui enfreignent nos conditions.
- Une fraude ou une tentative de fraude. Signalez-la au Centre antifraude du Canada, et à votre service de police si vous avez perdu de l’argent.
- Un animal en mauvaise situation. Pour un animal négligé ou mal soigné, appelez la ligne du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) au 1 844 264-6289 (1 844 ANIMAUX), ou portez plainte en ligne. Si l’animal est en danger immédiat, faites le 911.
Sources : Centre antifraude du Canada — signaler une fraude · Québec.ca — signaler une situation de bien-être animal (MAPAQ)
Questions fréquentes
Comment savoir si une annonce de chien à donner est une arnaque?
Une annonce est suspecte dès qu’on vous demande de l’argent avant d’avoir vu l’animal. Le scénario courant : un chien gratuit ou presque, puis un dépôt, un transport ou des vaccins à payer à distance, et le chien n’arrive jamais. Un vrai propriétaire vous laisse rencontrer l’animal, répond à un appel vidéo et donne le nom de sa clinique vétérinaire.
Est-ce que je peux payer un dépôt pour réserver un chiot?
Pas à un particulier que vous n’avez jamais rencontré. Un dépôt envoyé par virement avant la rencontre est l’étape la plus fréquente des arnaques d’annonces. Voyez d’abord le chiot et sa mère, vérifiez le dossier vétérinaire, et ne payez qu’au moment de la remise, contre une entente écrite.
Dois-je enregistrer un chien adopté d’un particulier?
Oui. Au Québec, le propriétaire ou le gardien d’un chien doit l’enregistrer auprès de la municipalité de sa résidence principale dans les 30 jours de son acquisition, selon le règlement provincial sur l’encadrement des chiens. Pour un chiot adopté avant ses 3 mois, le délai court à partir du jour où il les atteint. Les frais et la démarche varient selon la municipalité.
Combien demander pour donner son chien?
Des frais de cession modestes, de 100 $ à 500 $ selon l’animal, suffisent. Leur rôle n’est pas de faire un profit : les revendeurs et les personnes mal intentionnées ciblent délibérément les annonces gratuites, et de petits frais en découragent la plupart. Le remboursement d’une facture vétérinaire récente fait le même travail.
Comment choisir la bonne famille pour mon animal?
Posez des questions précises dès le premier message, sur le foyer, les autres animaux et la journée type, puis rencontrez la personne et, si possible, visitez le futur foyer. Une personne sérieuse répond en détail et accepte une visite ou une vidéo. Celle qui veut l’animal le soir même, sans questions, n’est pas la bonne.
Où signaler une arnaque ou un animal maltraité au Québec?
Une fraude se signale au Centre antifraude du Canada, et à la police si vous avez perdu de l’argent. Un animal négligé ou mal soigné se signale au MAPAQ, au 1 844 264-6289 (1 844 ANIMAUX) ou en ligne. Faites le 911 si l’animal est en danger immédiat.